Du dépaysement encore, de l’exotisme toujours et de la passion.

Belle-îleVous avez 13 euros en poche ? Alors vous avez de quoi partir pour un mois dans la ville la plus éclectique, colorée,  insolente et surprenante du pays le plus mystérieux, poétique, violent et attirant d’Asie du Sud… j’ai nommé Bombay, en Inde ! On y va ?


Shantaram

Car se plonger dans la lecture de Shantaram, c’est s’offrir une évasion dépaysante et une aventure exceptionnelle. Se plonger dans Shantaram, c’est accepter de lâcher prise et de suivre pas à pas Lin, australien peu recommandable qui se retrouve à Bombay (en 1980, on ne parle pas encore de Mumbai) après s’être échappé du quartier haute sécurité d’une prison australienne où il purgeait une peine de plus de 20 ans. (Je vous avais averti !)

Ce roman fleuve est une saga, une histoire d’amitiés, d’amour aussi, d’aventure évidemment. C’est un certain regard sur une réalité souvent crue. Car on est loin ici d’une lecture propre, romantique et touristique. Et si vous voulez « vivre » au plus près de la population, vous allez être servi.

Tout commence donc à l’aéroport où Lin rencontre Prabaker. Ce jeune indien au sourire extraordinaire  gagne sa vie en étant guide/chauffeur de taxi non officiel/pourvoyeur d’herbe pour les touristes fraichement débarqués. En décidant de lui faire confiance, Lin se retrouve au coeur d’un tourbillon qui va durer 10 ans: des bidonvilles à un village au fin fond de l’Inde; de la mafia et ses activités louches à la guerre en Afghanistan; des soirées entre amis au café aux quatre murs d’une fumerie d’opium, les pages défilent, sans ennui aucun.

Sachez qu’il s’agit de l’histoire vraie de Gregory David Roberts, son auteur. Il dit avoir écrit ce roman en 6 années longues et douloureuses puisque débutées en prison. Ce sont 870 pages à l’écriture minuscule (mes yeux, de quarantenaire n’ayant pas encore accepté le temps, pleurent encore), une histoire fluide aux multiples rebondissements qui happe l’attention et fait oublier le monde extérieur. Je l’ai encore lu d’une traite (oui, encore: ma première lecture remonte à l’été 2008 et depuis, je n’ai de cesse de le faire lire autour de moi 🙂 ) Il n’y a que les 100 dernières pages de trop à mon avis, mais c’est bien le seul bémol que je mettrais.

Lin est attachant et parfois agaçant. Mais malgré son côté « voyou », il a un coeur, une éthique et une philosophie qu’il partage avec nous au fil des pages. Cela pourrait en agacer certain. Mais, moi, jeune fille rangée et honnête (vous en doutiez ?!) en a été très rassurée: au fond du coeur de ce « brigand » il y a des valeurs fortes auxquelles je crois aussi !

ShantaramJe vous offre donc les premiers mots: « Il m’a fallu du temps et presque le tour du monde pour apprendre ce que je sais de l’amour et du destin, et des choix que nous faisons, mais le coeur de tout cela m’a été révélé en un instant, alors que j’étais enchaîné à un mur et torturé. Je me suis rendu compte, d’une certaine façon, à travers les hurlements de mon esprit, qu’en dépit de ma vulnérabilité, de mes blessures et de mes chaînes, j’étais libre : libre de haïr les gens qui me torturaient, ou de leur pardonner. Ca n’a pas l’air d’être grand chose, je sais. Mais quand la chaîne se tend et entaille la chair, quand c’est tout ce que vous avez, cette liberté est un univers entier de possibles. Et le choix que vous faites entre la haine et le pardon peut devenir l’histoire de votre vie. »

Et je vais m’arrêter là, sinon ma chronique risquerait d’être indigeste et d’avoir l’effet inverse que celle de susciter l’envie incoercible de suivre mon conseil !

Alors filez vite chercher ce bouquin chez votre libraire et on en reparle !

Editions J’ai lu, 13,50euros, 870pages.


D’habitude, les challenges entre blogs me laissent de marbre. Pavé de l'été 2015

Mais comment résister à celui-là ? Merci donc à Sur mes brizées.

15 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. Mind The Gap dit :

    L’extrait que tu cites est fort et tentant mais il y a trop de paramètres qui ne me plaisent pas…déjà le sujet, les 100 pages de trop, l’écrit tout petit ( même si moi, avec ma quarantaine, je me suis acheté des lunettes depuis longtemps… 😀 😀 )
    Belle idée ces voyages littéraires.

    1. Sido dit :

      Tous les voyages ne peuvent plaisent à tout le monde… une prochaine fois !

  2. Grappy dit :

    Mes yeux pleurent déjà des effluves du Cimetière des Innocents donc j’attendrai un peu avant d’aller sur les traces des ancêtres de Granny.

    1. Sido dit :

      Il faudra que tu me parles de ces effluves 🙂 En attendant, je partirais bien sur les traces de ces ancêtres en vrai de vrai !

  3. manU dit :

    Un livre dont tu parles avec passion, j’adore ça et c’est ce que je retiens de ton billet…

    1. Sido dit :

      Merci ManU, je suis parfois très expressive comme fille…

  4. Marie-Claude dit :

    J’ai vraiment adoré ce livre. Tu le vends bien! Si je ne l’avais pas déjà lu, je me précipiterais dessus.

    1. Sido dit :

      Tu me fais très plaisir 🙂

  5. Nathalie M dit :

    13 euros pour un dépaysement total, ce n’est effectivement pas grand chose 🙂

    1. Sido dit :

      Ahhhh, la magie de la littérature….

  6. Brize dit :

    Je ne connaissais pas du tout et comme je suis curieuse de ce qui a trait à l’Inde (et que tu es vraiment enthousiaste), je note !
    (et je suis ravie que tu craques pour le Challange Pavé de l’été 🙂 )

    1. Sido dit :

      Ça a été un plaisir d’y participer. Et je suis comme toi, très curieuse de l’Inde et peut-être qu’un jour…

  7. elea1688 dit :

    Bravo pour ce magnifique billet, tu me donnes très envie de découvrir ce roman. La seule chose qui pourrait me retenir, ce sont les 100 pages de trop et l’écriture minuscule, car je commence aussi à avoir du mal. Mais c’est écrit petit car c’est un poche ?
    J’ai eu la même réaction que toi, à la biblio au début de l’été, j’ai pris des auteurs indiens, pakistanais et des australiens, histoire de voyage un peu.

  8. Sido dit :

    Concernant les 100 dernières pages, il suffit de ne pas les lire: cela n’enlève rien au livre qui est effectivement en poche.
    Et oui, nous avons la chance de pouvoir voyager -et loin- grâce aux livres: quel bonheur !

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