Un journaliste, une libraire, un jardin, la blogueuse et son amie…

 

Au début de l’été, ma libraire et amie m’a demandée si je voulais bien répondre aux questions d’un journaliste de La Semaine, journal d’actualités régionales,  accompagnée de notre amie Fabienne, grande lectrice elle aussi.

Je laisse la plume, une fois n’est pas coutume, à Pierre, le journaliste. J’ai trouvé amusant que ce moment passé dans le jardin de Fabienne se traduise par ce joli article. On y parle de lecture, de jardin avec l’amitié en toile de fond. 

Fabienne et Sidonie ont plus d’un point commun. A commencer par l’amour de la lecture et celui du jardin. Elles se sont connues parmi les livres et n’aiment rien tant qu’en discuter au soleil, pieds nus dans l’herbe. Rencontre à Metz, à l’heure du goûter.

 

La semaineDes lectrices, c’est pas ce qui manque. Mais des lectrices pourvues d’un jardin ? Pour qui le plaisir du livre se marie au chant des oiseaux ? On sonde notre libraire de cœur. Elle se masse les cervicales, fait mine de réfléchir, et nous souffle deux prénoms, Fabienne et Sidonie, de sorte que ça tourne à l’enquête la plus fastoche du monde. Mais ladite libraire a réponse à tout, faut le savoir.
Un après-midi où l’été hésite encore, on pousse donc le portail d’entrée d’une maison de ville non loin de la Patrotte. Le portail grince, ça fait venir Fabienne, puisque c’est chez elle qu’a été donné rendez-vous. « Nous sommes installées au jardin », accueille-t-elle. « Nous », c’est elle, Sidonie et, tiens donc, notre libraire, qui est là aussi, résolument amusée. Fabienne et Sidonie se sont rencontrées chez elle, enfin dans la librairie, au milieu des livres. Fabienne et la libraire devaient déjeuner ensemble, la libraire s’est rétractée, mais elle a trouvé que Sidonie, qu’elle tenait sous la main, ferait une remplaçante de premier ordre. « Partez donc déjeuner ensemble du coup… » Ce que Fabienne et Sidonie ont fait. Depuis elles se quittent peu. La libraire a réponse à tout, décidément.

“Mi-ombre, mi-soleil”

ETE JARDIN LECTURE - copie

Au fond du jardin, simple et élégant, il y a une petite table ronde et incertaine, quelques chaises disposées autour et juste à côté une paire de chiliennes qui, si on a bien compris, ont été offertes par Sidonie à Fabienne. De fait on débat des multiples positions permises par la chilienne, sachant que vous ne trouverez pas deux lecteurs animés des mêmes habitudes. Là où Fabienne et Sidonie s’entendent, c’est sur l’emplacement de la chilienne : mi-ombre, mi-soleil. Comprendre : le bouquin à l’ombre, les doigts de pied au soleil. Pour le reste, chacune son espace-temps. « Le dimanche idéal, c’est du soleil, la chaise longue et une pile de livres, de BD et de revues juste à côté », résume Sidonie, l’infirmière. « Tout un dimanche, moi je ne peux pas. Le problème avec le jardin c’est que j’ai vite fait de me laisser distraire. Je pense aux framboises par exemple. Du coup, pour le jardin, je suis plutôt BD. Pendant une heure et demie, deux heures. C’est concret, c’est raccord. Pour les romans, j’ai besoin de ma bulle. Le matin, tôt, dans le canapé. Quand la maison est encore endormie », raconte Fabienne, la documentaliste. La libraire n’en dit rien, mais pour elle c’est au lit, et rien qu’au lit que ça se passe. Les livres, le chat, les draps. Nous aussi, parfois, on a réponse à tout.

Lectrices voraces
Fabienne et Sidonie incarnent l’une et l’autre l’idée que l’on se fait de la lectrice vorace. « Au moins quatre livres par mois », calcule la seconde, « sans compter les BD, les revues ». « Moi, c’est par périodes. De deux romans à beaucoup plus que quatre par mois », réfléchit son amie. « Parfois j’ai une fringale de bouquins », constate encore Sidonie, qui dans son jardin ne lira qu’« à plat dos – à plat ventre je m’endors -, sous un chapeau de soleil, et avec une citronnade à la main ». « Et dans tous les cas pieds nus », abonde Fabienne.
A l’heure de prendre la pose pour la photo, Fabienne et Sidonie s’en vont piocher dans la bibliohèque et reviennent les bras chargés d’ouvrages de toute obédience. Fabienne se dit plutôt portée sur « les romans contemporains, les histoires de famille, les romans graphiques ». Sidonie, elle, c’est « tout ce qui a trait au voyage et les BD de type à reportage ». Elles interrogent du regard la libraire, qui cet été dévore les titres de la prochaine rentrée littéraire. Elle glisse un conseil, à retenir pour septembre, au cas où l’été indien autoriserait encore la pratique de la chilienne. Elle a réponse à tout. Et de très chouettes amies.
Pierre Théobald.


Making Off:

lecture au jardi

 

 

3 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. Grappy dit :

    La gloire!
    Il existe aussi un Christoph Théobald écrivain jésuite d’origine germanique né en 1946
    – quel beau millésime !!- dont les ouvrages théologiques sont publiés aux éditions du Cerf. Peut-être aussi disponible en BD..

  2. carocousine dit :

    La classe madame!! Et joliment écrit je suppose que tu apprécies cet ultime point. Bonne pub pour le soleil de Metz aussi ;-).

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