Le livre que je ne voulais pas écrire

et certainement celui que je n’aurais pas dû lire tellement il m’a bouleversée…

Le livre queDans cette rentrée littéraire où rien ne me donnait plus envie que ça, cette jolie couverture avec son titre atypique m’a attirée. Bien sûr que je savais de quoi il retournait (d’ailleurs, l’auteur rencontré à Nancy, comme je vous en parlais ICI, s’en est bien assuré) Mais je ne sais pas ce que j’imaginais, que ce serait une lecture facile ? En tout cas,  je ne m’attendais certainement pas cet uppercut, aux cauchemars associés et l’appréhension que j’avais à chaque fois de reprendre ma lecture.

Erwan Larher, écrivain et fan de rock (entre autre), était au Bataclan ce terrible soir. Dans ce livre qu’il ne voulait pas écrire, il décide de faire « un objet littéraire » de cette tuile (sic) qui lui est arrivé en étant au mauvais endroit au mauvais moment. C’est son job après tout de raconter des histoire, alors pourquoi pas celle-ci ?

Le récit est une boule de sentiments à l’état brut: les siens, ceux de ses amis mêlant leurs voix à la sienne en racontant dans les chapitres « Vu du dehors » ce qu’ils ont vécu ce soir là.

Le récit est sans complaisance ni apitoiement, il est dur. Erwan Larher ne se pose jamais en victime; encore moins en héros.

Dans les 1ers chapitres, je me suis attachée à vous, Erwan, d’autant plus que notre rencontre à Nancy m’avait touchée et votre dédicace encore plus.

Dans ceux racontant l’enfer, j’ai voulu tout abandonner. Vous vous qualifiez de chochotte. Mais que dire de moi, qui suis à peine capable de lire tranquillement installée l’horreur que vous avez vécue ?

Vient ensuite le récit de votre prise en charge à l’hôpital. Vos mots si justes  ont touché l’infirmière que je suis, vous n’imaginez pas à quel point !

Et puis il y a la suite, la reconstruction, la patience du chemin à parcourir, l’amour à nouveau.

Je ne crois pas que j’arriverais à en dire plus tellement ce livre a touchée la lectrice, l’amie, la maman, l’infirmière urgentiste, la femme française que je suis.

Vous conseiller, vous qui passez sur ce blog,  de le lire ? Je ne sais pas. Si on s’attache à sa construction et à la qualité de l’écriture alors oui, 100 fois oui. Si c’est la teneur même du récit qui vous fait peur, je comprendrais.

Voilà quelques années que tu as décidé de dire que tu les aimes à ceux que tu aimes, de dire quand c’est bien, quand c’est beau, quand c’est touchant. D’exprimer tes sentiments, d’essayer d’être gentil et bienveillant contre le cynisme ambiant et ton fond fier et égoïste. Ça change tout. L’amour autour, en donner, en recevoir, ça change tout. Tant pis pour les pisse-froid.

PS: Mr Larher, si on disait que quand vous passez à Metz, vous faites signe ? 🙂


Le livre que je ne voulais pas écrire. Erwan Larher. Quidam éditeur. 260 pages. 20 euros

17 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. Brize dit :

    Je pense que je le lirai. En attendant, ton billet rend parfaitement compte de l’écho qu’il a trouvé en toi , merci pour ce partage.

    1. Sido dit :

      C’était important pour moi d’en parler. J’attends ton retour 🙂

  2. Grappy dit :

    Brrr.. Sûrement un récit particulier mais moins dépaysant que Wanda.

  3. Jérôme dit :

    Cette appréhension dont tu parles, c’est ce qui fait que je ne pense pas le lire. C’est sans doute une erreur mais je ne crois pas que je changerai d’avis.

    1. Sido dit :

      Il faut vraiment faire en fonction de chacun et je te comprends tout à fait.

  4. C’est étrange, mais moi, malgré le sujet, il a réussi à me faire sourire avec ses blagues, son recul, et son objet littéraire. Bien sûr qu’il n’est pas facile pour autant, mais je n’ai pas eu du tout la même expérience de lecture que toi. A fond dans le récit, oui, mais sans l’appréhension. Mais je le recommande sans hésiter!

    1. Sido dit :

      Heureusement que nous sommes tous différents. Tu as plus l’habitude que moi des récits difficiles 😉 Il a aussi réussi à me faire sourire mais autant à me faire trembler.

  5. Mind The Gap dit :

    Bon, Blondel qui est l’un des écrivains qui me parle a vraiment mis en valeur ce livre sur FB notamment, toi aussi et je ne vois que du positif…mais mais je vais malgré tout laisser passer. Je n’arrive pas à lire ce genre de récit, il y a quelque chose qui me gène, je comprends ce besoin d’écrire cette douloureuse expérience, mais pourquoi la publier finalement ? Mais j’ai sûrement tort…

    1. Erwan dit :

      Désolé de m’immiscer, ça ne se fait pas normalement, mais a priori je suis le mieux placé pour répondre 😉
      Votre question « pourquoi la publier », est la plus pertinente qui soit. Un premier élément de réponse est : parce que ce n’est pas le « récit d’une « douloureuse expérience ». Sinon, je suis d’accord, cela n’aurait pas d’intérêt. Ce que j’ai tenté de faire, c’est de la littérature. C’est à dire un texte qui questionne le monde et qui parle à chacun.Pour une fois (en 7 romans), je suis parti d’une expérience personnelle, mais mon but a été d’en faire, grâce à la langue, à l’écriture, autre chose, plus. Bon, je ne sais pas si j’ai réussi, mais du moins avez-vous quelques éléments de réponse.
      Amicalement,
      E.

      1. Mind The Gap dit :

        Délà merci d’avoir commenté, c’est rare qu’un auteur le fasse , sans filtres. Je ne sais pas, je ne promets rien. En fait je lis beaucoup d’histoires vraies au départ et racontées sous forme de roman ou d’auto-fiction. Cela ne me pose aucun souci, le débat réel ou fiction est pour moi dépassé. Mais c’est le thème qui me bloque, je n’ai pas envie de lire sur l’actualité immédiate de notre monde. Mais je ne sais pas, je vais peut être faire une exception.

  6. manU dit :

    Ça a l’air dur, très dur…

  7. Petite Maman dit :

    « J’ai donc l’impression que ce n’est pas pour moi !!! »

  8. delphineolympe dit :

    Il m’a fait frémir et sourire, l’auteur nous parle de ce qu’il a vécu, mais surtout de ce que nous avons tous traversé. C’est un livre magnifique, très littéraire et, pour répondre au petit commentaire d’Erwan, oui, je trouve qu’il a parfaitement et avec grand talent atteint l’objectif qu’il s’était donné.

    1. Sido dit :

      C’est vrai, ce livre est un bel objet littéraire avec une très belle couverture.

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